Arts plastiques : Ibrahim Ballo expose les « Origines » à l’Institut français du Mali


L’Institut français du Mali accueille depuis le samedi 23 octobre 2021 une exposition de l’artiste malien Ibrahim Ballo, lauréat 2020 du programme de résidence de l’Institut français et de la Cité internationale des arts de Paris. Intitulée « Origines », l’exposition présente une sélection variée des œuvres de l’artiste, dont une installation de lampes à huile.  

Après trois mois de résidence à la Cité internationale des arts de Paris dans le cadre du programme de résidence de l’Institut français, l’artiste peintre malien Ibrahim Ballo signe son retour à travers l’exposition intitulée « Origines » à l’Institut français du Mali.

La résidence parisienne avait permis à l’artiste de créer une série intitulée « Fil d’hibernation », composée d’une vingtaine de toiles évoquant un double choc auquel le monde était confronté : les crises sociopolitiques et la pandémie de Covid-19. La crise sanitaire mondiale avait imposé une série de confinements à presque toute l’humanité. Mais ces moments de repli sur soi ont été une période d’inspiration créative pour les artistes qui ont tenté d’interroger ces situations tumultueuses.  

« Origines » est composée d’une dizaine de toiles dont quelques-unes sont issues de la résidence parisienne de l’artiste et une sélection qui retrace son parcours artistique. Dans ses œuvres, Ibrahim Ballo dénonce en général les problèmes sociétaux. L’artiste met également en exergue certaines de nos pratiques anciennes aujourd’hui en voie de disparition, comme la lampe à huile dont il entend revivifier l’usage.

Selon l’artiste, le thème « Origines » a un double sens : il s’agit d’un côté du retour au bercail, donc à l’origine de ses œuvres issues de la résidence de Paris, et de l’autre côté, du point de départ de sa démarche artistique inspirée de nos traditions. L’une des œuvres marquantes de cette exposition est sans doute l’imposante installation faite avec une centaine de lampes à huile sur un mur de l’Institut français.

La lampe à huile est une coupelle en fer fixée au mur qui était utilisée par les anciens pour éclairer les chambres. Elle fonctionne avec du beurre de karité (sa source nourricière) et une mèche de coton allumée et plongée dans l’huile. De plus, cet objet fascinant parmi les symboles et les matériaux locaux comme le bogolan (tissu traditionnel) et le fil de coton, démontre l’engagement de l’artiste à préserver les traditions.

De ses débuts jusqu’à nos jours, Ibrahim Ballo ne cesse d’innover dans sa démarche artistique dominée par la technique du tissage inspirée du filage traditionnel de coton. Une évolution saluée par les observateurs de l’art contemporain. « Ibrahim nous surprendra toujours. Je connais bien son travail. C’est quelqu’un qui pousse. Il a une écriture assez singulière qui est reconnaissable parmi tant d’autres. Il ne s’est pas limité à perpétuer cette écriture-là, mais à la transcender, et c’est ce qu’on recherche chez un artiste. Son évolution se fait au gré des rencontres qu’il fait sur la scène internationale. Ballo est un artiste qui a beaucoup de prospectives », reconnaît l’architecte et designer malien Cheick Diallo, présent au vernissage. 

Le vernissage de l’exposition a également vu la projection d’une collection du styliste franco-malien, Mossi Traoré créée en collaboration avec Ibrahim Ballo. Les motifs de cette collection sont inspirés de la technique de l’artiste.

Précisons que l’exposition « Origines » continuera jusqu’au 17 décembre 2021 à l’Institut français du Mali.  

Youssouf Koné 

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