Mali : Dr Oumar MARIKO enfermé, le SADI proteste


Le lundi 6 décembre 2021, le président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), Dr Oumar MARIKO, a été interpellé au Camp 1 de Bamako puis placé sous mandat de dépôt pour « injures grossières » contre le Premier ministre de la transition, le Dr Choguel Kokalla MAÏGA. Une action qui a été fortement contestée par les militants de son parti.

« Injures grossières », c’est le principal motif de l’arrestation du président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance, Dr Oumar MARIKO, placé sous mandat de dépôt ce mardi 7 décembre après une garde à vue au Camp 1 de Bamako.

En effet, l’actualité politique malienne a été dominée ces derniers temps par la fuite des enregistrements vocaux de certains hauts cadres du pays. Dans la plupart des cas, les bandes sonores sont enregistrées à l’insu des intervenants. Après celui du Premier ministre qui a gonflé la toile la semaine dernière, nous assistons à la fuite d’un autre enregistrement vocal, cette fois-ci de l’opposant Dr Oumar MARIKO. Si le discours du Dr Choguel Kokalla MAÏGA, dépourvu de toute vulgarité et d’injure, est principalement fondé sur les échos du coup d’État de 2012, celui du président du parti SADI est plein d’invectives à l’encontre du Premier ministre.

Après la dispersion de cet enregistrement dans lequel on entend l’ex-député de Kolondièba tirer à boulets rouges sur le Premier ministre avec des termes violents, Dr MARIKO s’est tout de suite retrouvé en garde à vue, et derrière les murs de la maison centrale d’arrêt de Bamako.

Dans la foulée, ses camarades militants du parti SADI se sont mobilisés contre cette interpellation de leur leader en soutenant dans un communiqué que « le régime de la transition s’est engagé dans la restauration de l’ordre ancien par des pratiques et attitudes dignes des années de plomb et des dictatures fascistes qui ont sévi au Mali et en Afrique ». Ledit communiqué ajoute qu’« avec une justice aux ordres, nous assistons à l’interpellation intempestive de citoyens honnêtes, quand des criminels sont réhabilités malgré la gravité de leurs forfaits ».

À en croire les camarades du prévenu, cet enregistrement serait une machination qui a été mise en œuvre par des personnes mal intentionnées pour discréditer le Dr Oumar MARIKO. Selon Dora Cheick DIARRA, secrétaire à l’organisation du bureau politique du SADI, « l’éducation et la conduite de leur président ne lui permettent pas de proférer de telles injures ». Aux dires de Dora Cheick DIARRA, l’enregistrement en question serait un montage de deux bandes sonores avec des tons différents.

Cependant, même si aucun rapport d’authentification de cette bande sonore n’a été publié à ce jour, cette interpellation de l’ex-parlementaire Dr Oumar MARIKO est un exemple illustrant qu’il faut observer une extrême vigilance en s’exprimant, à l’ère des réseaux sociaux, car avec la puissance de la technologie, les murs n’ont pas seulement des oreilles, mais sont aussi équipés de microphones.

Abdoulaye Konimba KONATÉ

 

 

 

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