RDC : une figure de l'opposition appelle Tshisekedi à "renoncer" à changer la Constitution

Delly Sesanga, une des figures de l'opposition politique en République démocratique du Congo (RDC), a appelé lundi le président Félix Tshisekedi à "renoncer" à un projet de révision de la Constitution, accusé d'ouvrir la voie à un troisième mandat pour le chef de l'Etat congolais.

En RDC, l'opposition fait front commun contre un éventuel changement de la Constitution réclamé par la majorité au pouvoir, et qui pourrait permettre au président, élu en 2019 puis réélu en 2023, de briguer un troisième mandat à l'issue d'un référendum.

"Une nation qui est en guerre ne devrait pas avoir comme priorité de changer de Constitution", a estimé lundi Delly Sesanga, président du parti ENVOL, membre de la coalition C64 qui rassemble les principaux partis d'opposition.

Début août, le chef de l'Etat a renvoyé en deuxième lecture une proposition de loi assouplissant les conditions d'organisation des référendums, qui avait été validée par la Cour constitutionnelle fin juillet. La coalition C64 a reporté au 15 septembre une journée de manifestations de protestation, initialement prévue le 15 août.

Un "geste pas encore suffisant", juge M. Sesanga, qui exhorte le président congolais et l'Assemblée, dominée par la majorité présidentielle, à "renoncer définitivement à ce projet".

L'opposition est ressortie affaiblie de la présidentielle de 2023, remportée haut la main par M. Tshisekedi, et les analystes doutent de ce fait de sa capacité à mobiliser.

En RDC, "Le premier opposant, c'est la misère dans laquelle vit notre population, l'insécurité, l'absence d'emplois pour les jeunes", énumère M. Sesanga, qui réfute toute "divergence" entre les leaders de l'opposition. "Nous parlons de la même voix, avec la même énergie, avec le même engagement", assure-t-il.

Mi-juillet, Kinshasa a également annoncé l'organisation d'un dialogue national longtemps réclamé par l'opposition, sans en préciser les modalités.

Les autorités congolaises se sont jusqu'à présent opposées à la tenue d'un dialogue incluant des représentants du groupe armé antigouvernemental M23, qui s'est emparé de vastes pans de territoires dans l'Est avec le soutien du Rwanda, ou des émissaires de l'ancien président Joseph Kabila (2001-2019), que Kinshasa accuse de complicité avec le M23.

M. Sesanga juge la participation du M23 et de Joseph Kabila au dialogue "nécessaire" dans un pays "très divisé", où "l'inclusivité est la condition de la paix et de la réunification".

"La perspective d'une victoire militaire est hors de portée des uns et des autres", argue-t-il.

La RDC et le Rwanda ont entériné en décembre un fragile accord de paix sous l'égide des Etats-Unis, qui n'a pas mis fin aux combats, et le conflit s'est enlisé.

Des millions d'électeurs dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (est), dont les capitales sont tombées aux mains du M23 en janvier 2025, pourraient être empêchés de se rendre aux urnes lors de l'élection présidentielle prévue en 2028.

"Aucun Congolais sérieux n'accepterait une élection où il n'y a ni le Nord-Kivu ni le Sud-Kivu", mais "nous n'acceptons pas que de ce fait, la guerre soit instrumentalisée pour empêcher la tenue des élections", a déclaré M. Sesanga.

Source : AFP

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