Contradictions sur la procédure de l’affaire dite de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires : quand les éléphants se battent !


 

Au milieu de ceux qui ont pour surnom « les intouchables de la République », c’est-à-dire les magistrats, une question ravive les contradictions. Il s’agit de la résurrection de l’affaire dite de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires : la procédure de ce dossier a provoqué un charivari entre les géants de la sphère juridique qui se répondent par des communiqués conjoints.

 « C’est désolant et inquiétant de voir les premiers responsables de la Cour suprême donner à l’institution judiciaire l’allure d’un organe instrumentalisé pour fausser les règles du jeu de la démocratie », déclarent l’Association malienne des procureurs et poursuivants (AMPP) et la Référence syndicale des magistrats (REFSYMA) dans un communiqué datant du 26 août dernier.

Plus loin, elles regrettent « une auto-saisine de la Cour suprême sans base légale d’affaires relevant de par la Constitution et la loi en vigueur, de la connaissance exclusive de la Haute Cour de justice ».

De l’autre côté, le Syndicat autonome de la magistrature (SAM) et le Syndicat libre de la magistrature SYLIMA rétorquent aux procureurs et aux poursuivants dans un communiqué conjoint : « Nous constatons avec ahurissement certaines réactions et commentaires particulièrement sévères contre la Cour suprême depuis l’inculpation régulière suivie de l’incarcération justifiée de deux anciens membres du Gouvernement. » Abondant dans le même sens, les deux syndicats condamnent fermement « ces attaques multiformes et gratuites contre l’institution judiciaire pour dénoncer une justice instrumentalisée ». Par ailleurs, dans le même document, les syndicalistes s’attaquent à un avocat de l’un des accusés en ces termes : « [Il est] plus qu’osé qu’un magistrat, avocat général au parquet général de la plus haute juridiction, se donne maladroitement et publiquement en spectacle, alors que même le peuple meurtri en a plus qu’assez de l’impunité et de ses artisans dans un pays mis à genoux par une élite en manque total de repère moral. »

Au fond, les débats entre les juristes sur cette affaire, notamment les poids lourds de la justice, font ballotter l’opinion du citoyen lambda qui ne sait plus que croire entre « une main politique derrière cette affaire » et « une renaissance d’un État juste et équitable ». En attendant, l’ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye MAÏGA et l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances, Mme Bouaré Fily SISSOKO, sont en détention à la maison centrale d’arrêt de Bamako et à la prison centrale de Bollé avant leur jugement.    

 

Abdoulaye Konimba KONATÉ

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