Drahamane Cissé : « Le FESTIKA ambitionne de redonner à Tombouctou sa place dans l’histoire et la culture malienne et mondiale »


Créé en 2020 par l’association Actions pacifiques pour le renforcement des initiatives de développement (APRID), le Festival Illaré de Kabara-Tombouctou entend contribuer à la valorisation des richesses historiques et actuelles du quartier de Kabara et de la ville des 333 saints. Pour en savoir plus sur le FESTIKA dont la deuxième édition est prévue en novembre 2021, nous nous sommes entretenus avec Drahamane Cissé, le coordinateur du festival.

JolibaFm.com : Bonjour, pouvez-vous nous présenter le FESTIKA ?

Drahamane Cissé : Le Festival Illaré de Kabara-Tombouctou (FESTIKA) est un festival annuel organisé par les jeunes de la population de Kabara, un quartier de la ville de Tombouctou avec l’implication de toute la population tombouctienne dans le but de valoriser ses richesses auprès des Maliens et du monde.    

Qu’est-ce qui a motivé la création de ce festival ?

L’idée de ce festival nous est venue suite à un constat amer qui est la méconnaissance de l’histoire et des cultures de la localité de Kabara. Le festival entend donc faire connaître la riche culture et la glorieuse histoire de Kabara à tous les Kabarois, Tombouctiens et au reste du monde. Nous comptons à travers ce festival contribuer à la cohésion sociale, au vivre-ensemble et à la lutte contre la pauvreté dans cette localité en mettant en avant son secteur clé qu’est l’agriculture tout en incitant des partenaires à s’intéresser à ces populations et à les aider dans leurs efforts.

Pourquoi toute cette attention sur Kabara ? Qu’est-ce que ce quartier a de particulier ?

Kabara est un quartier de Tombouctou, mais qui est né 33 ans avant Tombouctou. Tous les grands hommes qui ont vécu à Tombouctou sont passés par Kabara, qui constitue un pan important de l’histoire de Tombouctou. De grands hommes comme Askia Mohamed et Sonni Ali Ber y ont tous vécu ou séjourné et y ont laissé leurs traces. Le premier président Modibo Keïta y a enseigné pendant des années. L’objectif est de montrer toute cette importance historique de Kabara dans la grande histoire du Mali et valoriser ses sites historiques. Nous voulons contribuer à l’enrichissement et à la diversification de sa culture et de sa population.

Quel bilan faites-vous de la première édition ?

Au-delà de la programmation musicale avec des artistes comme Prince-Diallo, Sorry Cissé, Adeye et des artistes locaux, la première édition du festival a permis, selon un rapport de la MINUSMA, de mobiliser plus de 6000 personnes sur le site du festival pendant les 3 jours de festivités. Elle a aussi contribué à renforcer la cohésion sociale et le vivre-ensemble entre les populations de Tombouctou. Grâce à cette édition, beaucoup se sont également imprégnés de l’histoire de la localité de Kabara. Nous avons un bilan positif, ce qui nous motive davantage à faire mieux cette année.

L’insécurité au Nord n’impacte-t-elle pas les résultats attendus du festival ?

Connaissant le Nord, nous essayons de nous adapter à ses réalités. C’est dans ce cadre que nous avons sollicité et obtenu le soutien de la MINUSMA et de la COMANAV, qui sont des partenaires privilégiés de l’événement. Pour plus de sécurité sur la route, nos invités viennent par vol ou par bateau. Sur place, ils bénéficient d’une assistance militaire mixte composée des éléments de tous les corps de sécurité présents à Tombouctou. Sur le plan de la sécurité, nous faisons beaucoup d’efforts pour la quiétude de nos invités.

Quelles sont les innovations pour cette deuxième édition ?

Nous envisageons beaucoup d’innovations cette année surtout en matière d’activités. Nous avons prévu par exemple une grande caravane de sensibilisation par bateau sur le fleuve Niger de Koulikoro à Kabara, au cours de laquelle nous allons faire des activités de sensibilisation sur divers thèmes à chaque escale. Nous avons prévu également une visite médicale lors de nos activités avec une équipe médicale essentiellement constituée des médecins de la MINUSMA et d’autres médecins de Tombouctou. Nous aurons aussi des master class sur les activités génératrices de revenus et des conférences-débats sur diverses thématiques comme le rôle de la MINUSMA et les avantages et inconvénients des réseaux sociaux sur les jeunes entre autres.

Quelles sont les ambitions du FESTIKA ?

Le FESTIKA ambitionne de redonner à Tombouctou sa place dans l’histoire et la culture malienne et mondiale : faire du Mali une contrée de paix.

Interview réalisée par Youssouf Koné

 

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