« Théâtre de maison » : C’est parti pour la 4e saison !


L’association culturelle Anw Jigi Art a commencé avec faste le vendredi 17 septembre 2021, à Sébénicoro, la saison 4 de sa tournée de représentations théâtrales dénommée « So gnokolo » ou « Théâtre de maison », une initiative visant à rapprocher le théâtre des populations. Pour cette saison, une série de six dates sont programmées dans six quartiers du district de Bamako.

Le théâtre, dit-on, est le miroir de la société. Il sensibilise, forme et éduque. Mais que serait cette mission si le théâtre n’était pas accessible aux populations ? C’est en tentant d’apporter une réponse à cette interrogation que l’association culturelle Anw Jigi Art a initié un concept innovant intitulé « Sô gnokolo » ou « Théâtre de maison » qui sort le théâtre du cadre habituel, en l’amenant auprès des populations.

« Théâtre de maison” est la représentation de pièces dans les cours familiales. Ce concept est né du constat que le public ne venait pas suivre les spectacles de théâtre, or le théâtre constitue l’un des meilleurs moyens de sensibilisation. C’est pourquoi nous avons décidé d’aller vers le public et de lui offrir du théâtre gratuitement », explique Assitan Tangara, directrice artistique de l’association Anw Jigi Art et également l’une des deux comédiennes de la tournée, qui précise que le programme est soutenu par l’Institut français du Mali.            

Pour cette 4e saison, l’association a jeté son dévolu sur la pièce de théâtre intitulée D’ici et d’ailleurs, du dramaturge burkinabé Sidiki Yougbaré, qui sensibilise à la citoyenneté. Dans la pièce, l’auteur souligne le discours d’une génération très attachée aux valeurs cardinales du travail, du don de soi, face à une virulente jeunesse qui, consciente des enjeux géopolitiques, rend hommage et défend certains idéaux à bras-le-corps. D’ici et d’ailleurs s’élève non seulement comme un appel à la mémoire des martyrs qui se sont sacrifiés pour la patrie, mais aussi comme une invitation à la prise de conscience d’une jeunesse qui se dérobe à ces responsabilités.

Un cadre d’échange et de réflexion 

Afin de rendre son contenu accessible à tous les spectateurs, la pièce a été traduite en bambara par le comédien Issa Coulibaly avec le soutien de la Direction nationale de l’éducation non formelle et des langues nationales (DNENF-LN). « La majeure partie de la population ne comprend pas le français et quand on joue un spectacle en français, la compréhension devient difficile pour les spectateurs. Si c’était en français, on n’aurait pas eu tout ce monde ce soir », reconnaît Issa Coulibaly.

Le concept « Théâtre de maison », selon les initiateurs, se veut un cadre de réflexion et d’échange sur les maux, les tabous, les incompréhensions dans notre société. Il offre non seulement un spectacle gratuit, mais aussi l’occasion au public de réagir aux thèmes abordés dans la pièce jouée. « Nous sommes vraiment satisfaits de l’engouement qu’a suscité cette représentation inaugurale. Le public a non seulement répondu à l’appel, mais il a aussi participé au débat d’après-spectacle. Nous avons pu constater au cours des échanges que le message a bien été compris », s’est réjouie Assitan Tangara, qui espère un même engouement lors des prochaines représentations.       

Précisons que cette 4e saison de « Théâtre de maison » durera environ deux semaines du 17 au 26 septembre 2021 avec six représentations dans six quartiers de Bamako (Badialan I, Sébénikoro, Daoudabougou, Niamana, Dialakorodji et N’Gomigniranbougou.

Youssouf Koné

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article