Famakan Magassa : de Kita à New York, itinéraire d’un jeune talent des arts visuels maliens   


Considéré comme l’un des « espoirs » de la peinture, le jeune artiste peintre malien Famakan Magassa entame avec brio sa carrière artistique hors des frontières maliennes et africaines. Rien ne laissait pour autant présager un tel itinéraire de ce natif de Kati dans la région de Kayes.

L’Appart Renoma, les Magasins Généraux (Paris) ou encore Albertz Benda Gallery de New York sont entre autres les grandes galeries qui exposent ou exposeront les œuvres de Famakan Magassa. Des débuts prometteurs pour le jeune Malien qui lui valent l’intérêt des médias internationaux comme France24, RFI, la BBC, le magazine Œil, et entre autres la Diagonale de l’art.

L’histoire de Famakan Magassa, né à Kita dans la région de Kayes, c’est d’abord celle d’un jeune adolescent qui avait plus de passion pour le dessin que pour les études. Cette passion le conduit au conservatoire des arts et multimédias de Bamako (CAMM-BFK) où il obtient en 2018 une licence en arts plastiques. À 24 ans, Famakan Magasa impose déjà son style, une façon unique de décomposer les corps et d’occuper l’espace à l’image d’un chorégraphe contemporain.

Profondément attaché aux valeurs africaines mais ouvert au reste du monde, il ose néanmoins sortir d’un cadre étroit, celui d’une peinture codifiée au nom d’un certain académisme ou du figuratif africain. Dès sa première série sur les Korèdugaw, cette société initiatique malienne dont le rôle échappe aujourd’hui à plus d’un Malien, le public apprécie et commence à se familiariser avec ses œuvres à la fois singulières, fascinantes et quelque peu audacieuses.

On se rappelle encore le grand succès de son exposition « Métamorphoses nocturnes » à Bolo l’espace art et culture à Douala (Cameroun), fin 2020, où il exposait avec son homologue William Bakaimo. Le duo est explosif et les organisateurs ont été obligés de prolonger la date de l’exposition. Ce projet soutenu par 5 Mondes Gallery, qui les représente, permet de découvrir non seulement les deux artistes mais aussi une autre façon d’aborder les arts plastiques avec une trame de fond.

Un agenda chargé

Resté à Paris après sa résidence à la Cité internationale des arts, Famakan Magassa poursuit ses expositions dans la capitale française. L’exposition de la série « Scène symphonique » qu’il a réalisée avec William Bakaimo et le couturier et photographe Maurice Renoma, inaugurée le 19 mai dernier à L’Appart Renoma, se poursuit jusqu’au 31 juin prochain. 

L’une des expositions marquantes à laquelle participe actuellement l’artiste malien s’intitule « Hôtel Sahara », qui a été inaugurée le 12 juin dernier à Pantin, aux portes de Paris. Elle réunit 10 jeunes artistes issus des pays traversés par le désert, d’où elle tient son nom. Ce projet consistait pour les artistes à donner leur propre vision des vastes étendues de sable et de dunes, de se les approprier et de les livrer à leur imaginaire.

Cette exposition est en quelque sorte multidisciplinaire et ouverte à plusieurs médiums. Famakan Magassa qui en est le seul plasticien et Malien s’est inspiré de la Takamba, une danse du nord du Mali, qui se veut à la fois un rituel de séduction et une danse obéissant à des codes vestimentaires et des mouvements lancinants puis plus vifs. « Ce projet a été une très belle expérience pour moi sur le désert, car il m’a permis de rencontrer un autre public et surtout des artistes d’autres disciplines artistiques comme la vidéo d’art, la photographie, la danse et bien d’autres », nous a expliqué Famakan lors d’un entretien téléphonique de Paris. 

Retenons enfin que dès le 24 juin prochain, Famakan Magassa prendra part, à New York aux États-Unis, à la 2e édition de « Fragmented Bodies », un group show réunissant 11 artistes dont l’Afro-Américain Jarrett Key, considéré comme une des figures montantes de la nouvelle scène new-yorkaise. « Je suis très heureux d’avoir cette belle opportunité qui me permettra d’exposer dans une galerie de New York qui est considérée comme un carrefour incontournable de l’art contemporain. J’ai hâte d’y être », s’impatiente le jeune artiste qui aura également un agenda chargé fin 2021 et en 2022 à l’international.

Youssouf Koné

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article